Je vais chez le dentiste cet après-midi à Evian – pour une histoire de dent de sagesse, et surtout, de couronne (eh oui, c’est quand-même pas négligeable, la différence de prix, pour ce genre d’intervention…). Quand je me suis rappelée ce qu’il m’est arrivé lors de ma dernière visite, j’ai eu envie de le mettre par écrit, pour ne pas l’oublier. Et là, je me suis dit qu’au lieu de l’écrire pour moi, j’avais envie de le partager avec toi – histoire de te faire sourire un peu aujourd’hui. Donc voici un texte qui n’a rien à voir avec le couple, ni avec le coaching, ni avec une quelconque leçon de sagesse à donner. Mais un peu de légèreté fait toujours du bien, non ?
Alors voilà : c’était le 12 janvier dernier, j’avais organisé depuis longtemps le déroulement de chaque évènement de cette journée, à savoir caser les filles après l’école (chez 2 amies différentes : l’une qui prenait en charge jusqu’au souper, l’autre qui allait les chercher pour la 2e tranche horaire, jusqu’à 20h), caser les garçons (et leur père ;-)) chez mes beaux-parents qui habitent Lausanne, prendre le bateau pour traverser le lac, etc. Pour une pose de couronne, ça en valait bien la peine. J’avais même prévu un équipement de guerre : vu qu’après mon intervention chez le dentiste, j’allais devoir attendre 2 heures le prochain bateau, j’avais enfilé mes pantalons de ski, mes moon-boots, veste de snowboard, gants, snood, bonnet, la totale. En me voyant arriver, le dentiste a éclaté de rire, en faisant bien remarquer à son assistante que « la suisse, là, elle était drôlement bien équipée pour aller skier »… hmmmm.
Et là, monsieur le chirurgien maxillo facial m’arrache la dent de sagesse en dix minutes (et encore), et me donne le prochain rendez-vous pour faire l’empreinte pour la couronne. J’ai protesté, j’ai dit que je croyais qu’on la faisait aujourd’hui, cette empreinte, il a dit que non, on avait bien dit qu’il fallait attendre le mois de mars pour cette étape, qu’il ne pouvait pas faire ça déjà aujourd’hui, etc. Super. Donc je devrai attendre 3 heures, et non pas 2, avant de resauter dans le bateau.
Je leur demande quand-même si je peux rester encore un peu à la salle d’attente, histoire de terminer mon roman au chaud. Possible, oui, mais juste 10 minutes, à cause des prochains clients, du COVID etc.
Je sors, je fais le bord du lac, j’admire les figures en bois flottant (j’adore flâner sans être pressée – donc pas un souci pour moi), je commence à ressentir le froid, je fais toutes les boutiques possibles et imaginables pour me réchauffer. Je regarde avec envie les petits restaurants et bars fermés. Je fais passer le temps comme je peux (sans mon natel, n’est-ce pas, vu que j’ai coupé les données à l’étranger). Je commence à VRAIMENT ressentir le froid – malgré mon équipement d’astronaute. Je me rappelle que je ne peux pas boire du chaud – extraction dent de sagesse. Je me contente de ma bouteille d’eau FROIDE. Je marche, je marche, je marche. Est-ce que j’ai déjà mentionné que les restaurants et les bars étaient FERMES ?!?
L’heure avance, je me dirige vers le débarcadère, je vois le bateau qui est encore à environ 500 m sur le lac, il me reste 15 min, je m’offre 5 huîtres dans un joli cabanon en bois en face de la route (ça me réchauffe le cœur : les huîtres, ça met toujours une touche de Noël, de Mr. Bean ou de Pretty Woman, je trouve). Et là, comme une grande, je m’apprête à sauter dans le bateau pour clore ma jolie escapade à Evian. Sauf que le bateau, maintenant, il se trouve à …. ??? Je ne le vois même plus !!! QUOIOIOI ??? Eh oui… j’avais mal lu les horaires, il partait à 18h, et non à 18h15 !!! Prochain bateau, 19h15. La honte, la honte, la honte… Jérémie va me tuer… Je l’appelle, peu fière – il bredouille quelque chose de la tempête de neige de leur côté du lac – qu’il allait devoir faire des mains et des pieds pour réussir à monter la pente devant chez ses parents (sans chaînes, bien sûr). Bref, il avait son lot de défis devant lui pour l’occuper encore une heure. Heureusement..
Pendant ce temps, je commençais à VRAIMENT VRAIMENT ressentir le froid. Quelques exercices de gym dans l’abri du débarcadère m’ont certainement sauvé la vie !
Une heure et quart plus tard, je me suis affalée dans un bateau bien chauffé (ouf !) et complètement vide - contraste intéressant avec les centaines de personnes qui venaient de débarquer du côté français. D’ailleurs même foule à mon arrivée à Lausanne : des centaines de personnes entassées qui attendent de monter sur ce même bateau. Je me sens privilégiée tout à coup de voyager dans ce sens et non dans l’autre. Tout mon respect aux frontaliers !
De là, tout rentre dans l’ordre, je monte la ville en métro, je retrouve mes hommes, on rentre tant bien que mal sur les 10 cm de neige accumulée sur la route, on va chercher nos filles qui ont dû finalement commencer leur nuit chez nos amis – et on se retrouve chez nous à 22h. Tout ça, pour une dent de sagesse arrachée – et 40 francs de « gagnés ». Pas de commentaire.
N’empêche, heureusement qu’elle était équipée comme pour aller au ski, « la suisse, là » ! Sinon, à côté de l’exposition du bois flottant, à Evian, on aurait pu admirer depuis ce jour-là, une jolie stalagmite en forme de … moi !
Et au cas où tu te poserais la question : non, je ne prendrai pas le bateau aujourd’hui, pour me rendre chez ce dentiste. J’irai en voiture, toute seule, en 45 min aller, 45 min retour, top chrono !
On apprend des ses erreurs… :-)