Nous voilà sur sol asiatique depuis 10 jours déjà ! La Thaïlande a été, je cite ma fille Jeanne, « si belle, douce et agréable ». La rencontre avec nos filleuls de Compassion (voir mon dernier article) nous a amenés tout tout tout au Nord du pays, à 4 km de la frontière du Myanmar (appelé autrefois la Birmanie). Après une route scabreuse et très vallonnée (2 vomis de la part de Marcel), nous avons découvert un peuple qui vit dans les collines (hilltribe : tribu des collines). Tu as déjà vu l’émission « Rendez-vous en Terre inconnue » ? Eh bien, c’est comme ça qu’on s’est sentis !
Transportés pour deux jours dans un autre monde, et placés face à face avec des gens qui semblaient vivre sur une autre planète. Et pourtant, très vite, nos cœurs se sont mis à battre au même rythme : des échanges de salutations maladroites, des sourires gênés, des « mercis » à répétition, pour tous les signes d’accueil qu’ils nous avaient préparés, des mains qui serraient les nôtres, des bras qui portaient nos enfants, un match de foot amical entre Jérémie et Wattana – rien de tel que la complicité créée autour du ballon ! (Surtout quand Marcel s’en est mêlé, a visé le ballon, en criant « shooter Wattana ! »)
Je découvre une dimension nouvelle au voyage, grâce au fait de voyager en famille : les connexions se font instantanément, surtout lorsque les locaux entendent les « Savadika ! » (« Bonjour ») soigneusement entraînés de nos enfants. Même constatation lorsque je tentais d’endormir Marcel dans le porte-bébé, et que mon regard a croisé celui d’une autre maman, devant sa case, à bercer son bébé. Sourires complices, délicieux.
Pour en revenir à la visite de nos filleuls, nous avons été très touchés par la différence que nos petits dons (50.- par mois, plus un « cadeau » à Noël) ont pu faire dans leur vie : chez Nayoh, qui a perdu son Papa il y a 4 ans, la maman a pu subvenir aux besoins fondamentaux de ses 3 filles en construisant une maison en briques. Elle nous a également remerciée de lui avoir permis d’acheter une cuisinère à gaz, avant quoi elle devait tout cuisiner sur le feu.
Chez Wattana, dont le père est en prison probablement pour le restant de ses jours, et dont la mère vient de décéder au mois de mai, la visite de ses « parrain – marraine » lui a arraché des larmes. Il vit chez son frère et sa belle-sœur, avec leurs 4 ravissantes petites filles. Leur maison était entièrement construite en bambou, et trônait à 3 mètres du sol, à même le branchage des arbres autour.
Un échange authentique, indescriptible, sur cette « terrasse » surplombant les rizières : une vraie rencontre entre deux cultures. Jérémie s’est proposé de faire une prière et très spontanément, nous avons pu remercier notre Père à tous, pour ce bonheur partagé ensemble, pour l’accueil et la chaleur qu’ils nous avaient réservés, et bénir ces familles dont nous avons eu la chance de croiser le chemin.
Ces rencontres nous ont plus que jamais convaincus de partager un bout de notre richesse : mon mari disait que ces petits virements à la fin du mois ne signifiaient pas grand’ chose jusqu’à présent, pour lui. Désormais, on en comprend un peu mieux la valeur et la différence qu’ils apportent dans de vraies vies.
Avant de clore ce chapitre sur la Thaïlande, voici en vrac les choses que j'y ai préférées :
- pouvoir porter mon bébé sur les genoux lors des déplacements en voiture : un délice !
- le nombre incalculable de scooters et de tuk-tuk !
- les couleurs ! Je n'ai jamais vu un pays afficher avec autant de fierté la couleur rose ! (même dans l'avion, les sièges étaient entièrement rose et violet : un paradis pour mes petites princesses !)
- les massages... ahhh !
- la nourriture ! (curry de toutes sortes, fruits exotiques, hmmm !)
- notre petit Noël en famille, le 24 décembre, dans un hôtel un peu plus luxueux (piscine, palmiers, cadre de rêve, ...)
Et les choses que j'ai moins appréciées :
- le nombre de vomis à gérer depuis le départ (ceux des enfants ET les miens), et la lessive excessive qu'ils ont engendré...
- les coups de gueule en couple, à divers moments, dus à la fatigue et au stress des départs, notamment...
- les nuits interrompues par les pleurs, à cause des piqûres de moustiques ou des états d'âme un peu fragilisés de nos enfants (beaucoup de changements et d'inconnu, pour eux...)
- les superbes prises de vue qui se perdent, simplement parce que je porte un enfant et que ce n'est pas réaliste de s'attarder à tous les coins de rue pour prendre des photos, lorsqu'on bouge à 5...
Quelle joie, après ces quelques jours en Thaïlande, d’atterrir au Laos chez nos amis Gaël et Ruth, et leurs fabuleux petits crapauds Louis, Matthieu et Paul. Un pur délice, ces journées passées à découvrir leur vie ici ! Ils sont au Laos depuis bientôt 5 ans, et ont mis sur pied un centre de formation professionnelle pour jeunes laotiens. Le but c’est de les former pour qu’ils puissent démarrer un petit business dans leur village : salon de coiffure, café, menuiserie, atelier de couture, etc. Cette vidéo présente bien leur projet « B4Lao ».
J’apprécie énormément les discussions profondes qu’on peut avoir avec nos amis, et j’avoue que j’ai été ravie d’apprendre qu’ils comptent regagner la Suisse pour de bon au mois de mai 2018 (comme nous) ! Ils nous accueillent chez eux avec la même générosité pour laquelle les Laotiens sont connus : ils nous concoctent des plats exceptionnels tous les jours, les soirées sont réservées à des « jeux, mojitos, et compagnie » et surtout, il y a toujours un fond musical, du matin au soir. Chacun peut y faire passer ses chansons préférées – l’ambiance dans la maison n’est pas triste ! C’est sûr, je vais garder cette formule pour mes journées de retour en Suisse !
Après nos 5-6 jours de repos ici (j’en avais bien besoin : les préparatifs du voyage ainsi que la sorte de gastro par laquelle nous avons tous passé, m’ont fatiguée plus que ce que j’avais imaginé…), nous nous rendrons au Sud où nous visiterons la région des « 4000 îles » ! La suite, au prochain numéro !
Merci de nous suivre au travers de ce blog, et d'avance déjà un "very happy new year" à toi !