Il m’a fallu du temps, mais voilà le récit de notre fin de voyage. Il sera court, car je sais très bien que tu attends surtout l’autre article avec impatience : celui où il y aura tous ces magnifiques témoignages de couples qui m’ont livré leurs pépites d’or ! Mais avant ça, je suis obligée de te raconter la partie "Californie" encore !
Il m’a fallu 2 mois entiers pour retomber sur mes pattes, comme on dit. Et c’était délicieux. Un peu, comme si le voyage n’était pas encore tout à fait terminé – une sorte de prolongation (tiens tiens, ce terme semble d'actualité…).
La dernière fois que j’ai écrit pour le blog, je me trouvais donc à Auckland, (Nouvelle-Zélande) avec un pied déjà presque dans l’avion. San Francisco nous attendait les bras grands ouverts, ainsi que nos amis Patrick et Yaëlle. Quel délice de se retrouver sur un nouveau continent et surtout aux Etats-Unis, pays pour lequel mon homme a peu d’affinités…. (J’étais ravie que la perspective d’y rencontrer nos amis ait convaincu Jérémie de poser les pieds chez l’Oncle Sam !)
C’est donc avec deux camping-car bien équipés que nous avons sillonné les routes de Californie, en passant par Monterey, Big Sur, Yosemite et j’en passe. Quelle joie, de voyager en compagnie de vrais passionnés par la nature : ils nous ont appris à repérer toutes sortes d’animaux et de plantes, armés de leurs jumelles et de leur gourde camelbak. On se croyait en plein documentaire animalier – un pur régal !
Mis à part ce côté découverte de la nature, c’était aussi l’occasion de passer du temps de qualité avec ce couple cher à notre cœur, et si cher aussi au cœur de nos enfants : ils ont pu faire le plein de rigolades, de chants, d’histoires, de danses et le summum restera sans doute la préparation du guacamole avec Yaëlle ! Depuis ce soir-là, à chaque fois que j’achète un avocat, mes trois enfants se mettent à bouger leurs fesses, à battre la mesure, en rapant « et tu touilles, touilles, touilles » ! :-)
Les autres souvenirs inoubliables sont évidemment la traversée du Golden Gate à pied (1.3 km !) – où le vent, le bruit des voitures et le vertige de mon chéri nous ont fait accélérer le pas méchamment, le tour en vélo le long de la côte à San Francisco,
et malheureusement aussi l’accident qui nous a fait toucher la structure de l’auvent du camping-car. Petite mauvaise surprise qui allait nous coûter 3000 balles – si l’assurance n’avait pas fini par prendre les deux tiers… Ouf ! Jolie leçon de « lâcher prise » pour nous tous, en se rendant compte que l’argent ne nous appartient finalement pas vraiment, que nous sommes appelés à être des gestionnaires, mais que le vrai Propriétaire, là-haut, tient tout sous contrôle ! (Je me souviens de la prière un peu furax que Jérémie avait lancée au Ciel, peu avant la bonne nouvelle de l’assurance : « Bon, si vraiment Tu veux que tout notre argent parte dans une connerie d’auvent, alors OK ! » Et le soir où il m’a montré l’e-mail de l’assurance, il a avoué, un peu à contre-cœur que « bon d'accord… la prochaine fois, je capitulerai plus vite…»)
La suite, elle se résume à un voyage du retour tumultueux, avec des péripéties interminables qui nous ont fait atterrir avec 10 heures de retard à Zürich – où les parents de Jérémie ainsi que ma chère cousine nous attendaient impatiemment – mais ont fini par rentrer bredouille vu notre incroyable retard. Déception pour tout le monde – le point positif là-dedans étant que nous avions finalement pu traverser l’Atlantique dans un avion à moitié rempli, avec une rangée de sièges vides pour chaque membre de notre famille. Le grand luxe !
Heureusement que ma marraine habite à 10 min de l’aéroport : grâce à elle, nous avions quand-même un comité d’accueil et les enfants étaient ravis de lui courir dans les bras ! Elle nous a gâtés avec des cadeaux à ouvrir dans le train, de l’ovomaltine (!!!) et toutes sortes de petits snacks. Après une trentaine d’heures de trajet, ça valait de l’or !
Inutile de te décrire le sentiment d’extase, quand nous avons posé nos valises chez nous, à Bulle, à 2h du matin (après avoir dû organiser un taxi depuis Fribourg, vu l’heure). On avait l’impression d’avoir ouvert la porte du paradis : aucune autre maison ne nous a jamais semblé si belle, si confortable, si parfaite ! Au lieu de s’écrouler de fatigue, c’était une sensation d’euphorie qui nous a pris : on s’est assis à la table à manger, on a dégusté le Gruyère et la bonne bouteille de blanc que nos sous-locataires ont eu la gentillesse de nous laisser (sans oublier ma maman, qui a laissé plein de yoghourts caramel à son gendre chéri !) et on a regardé les enfants se délecter à chaque jeu retrouvé… Le bonheur total !
Et ensuite, le train train quotidien a repris – Jérémie retournant au boulot à 100% et moi de nouveau à m’occuper des 3 loulous à la maison. Il m’a fallu un peu de temps pour me remettre dans le bain – mais comme je disais : c’était délicieux ! Je prends plus de temps seule avec mes enfants, je n’ai plus l’impression de « perdre du temps » en passant une heure assise par terre, à m’amuser avec eux, je me régale de voir leur complicité si renforcée après notre grande aventure et surtout, je raffole de tous ces moments où l’un d’eux évoque un souvenir de notre tour du monde ! Quel privilège, d’avoir pu vivre cette expérience : je souhaite ça à toutes les familles, du fond du cœur !
En tout cas, merci de nous avoir accompagnés un peu en lisant ces articles, et au grand plaisir de connaître un peu tes prochains voyages ! Peut-être même que tu lis ces lignes depuis tes vacances ? Alors fais-moi rêver à ton tour, et raconte-moi où te trouves ! Ok ?